Mentorat photo
Formation en ligne | édition 2025/2026

In Tenebris Cordis

Aster Muphrid

Aster Muphrid photographe
« Une belle aventure! Riche d’enseignements et de découvertes. Un vrai socle pour développer son projet photographique avec pour point d’orgue une exposition collective qui donne envie d’aller plus loin. »
— Aster

L’encre qui sert à écrire les chagrins d’amour est une encre luciférienne. C’est une bête liquide noire, affamée et dominatrice. Une fois la première goutte déposée dans l’effraction d’un cœur trop tendre, elle s’y incruste et se nourrit de sa souffrance, en se multipliant jusqu’à former une marée noire que rien ne peut retenir. C’est qu’elle est douée d’une intelligence propre, avec pour buts : envahir l’esprit et le diriger. Une fois en place, elle forme un bras mort dans lequel les idées tombent et se chargent de noirceur. Elle sert alors à l’écriture automatique d’actes fous. Je la sais également avide de cette flamme logée dans l’œil de l’amoureux quitté. À son contact, elle l’épuise et se vaporise. Alors, à travers des yeux devenus sans éclat et pleins d’un brouillard malsain, tout regard qu’il porte sur le monde n’est plus qu’envie et distorsions. Dans son déni et sa révolte, saturé de cette encre, chacun de ses efforts pour le retour de celle qu’il croit aimer fait sourdre une transpiration noire et lourde. Et voici bientôt cet homme transformé en un fantôme de plomb parmi les vivants. Je sais tout de cette encre. Je connais intimement cet homme.

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Déjà le soleil avait sombré dans un brouillard précurseur du vent* | Jean-François Pighin